L'article 50 du règlement européen sur l'intelligence artificielle s'applique depuis le 2 août 20261. Il ne concerne pas seulement les éditeurs de modèles. Il concerne toute entreprise qui met un système d'IA face à ses clients, ou qui publie ce qu'un tel système a écrit.
Le texte est court. Ses conséquences pour une interface sont précises.
Quatre situations, quatre obligations
Un système qui dialogue avec une personne doit le dire. Assistant sur le site, agent qui répond aux courriels, voix qui décroche le téléphone : la personne doit savoir qu'elle s'adresse à une IA, sauf si c'est évident dans le contexte. Évident pour vous ne veut pas dire évident pour votre client.
Un contenu synthétique doit être marqué. Les fournisseurs de systèmes qui génèrent du texte, des images, du son ou de la vidéo doivent faire en sorte que ces sorties soient marquées dans un format lisible par machine et détectables comme générées. L'échéance de ce marquage est fixée au 2 décembre 20262.
La reconnaissance des émotions et la catégorisation biométrique s'annoncent. Ceux qui les déploient en informent les personnes exposées.
Un hypertrucage se déclare, et un texte d'intérêt public aussi. Un contenu qui imite une personne, un lieu ou un événement réel doit être présenté comme artificiel. Un texte généré publié pour informer le public sur des questions d'intérêt général doit l'être aussi, sauf s'il a fait l'objet d'une relecture humaine et qu'un responsable éditorial en répond.
Ce que cela change dans une interface
L'obligation tient en une phrase. Sa mise en œuvre tient en détails.
La première ligne. La mention vient avant la première réponse, pas dans les conditions générales. Une phrase simple suffit, dans la langue de l'utilisateur.
La voix. Un agent téléphonique se présente comme tel dès les premières secondes, avant de poser une question.
Le courriel. Une réponse rédigée par un agent le dit, dans le corps du message, pas dans une signature que personne ne lit.
Le passage à un humain. Quand une personne reprend la conversation, l'interface le signale. La transparence vaut dans les deux sens.
La trace. Gardez la preuve de ce qui a été affiché, quand, et dans quelle version. C'est elle qu'on vous demandera.
Ce que vous publiez
Fiches produits, lettres d'information, réponses types, synthèses de veille : une part croissante de ce qu'une entreprise publie passe par un modèle. Deux réflexes suffisent à rester du bon côté du texte.
Le premier : marquer ce qui est généré, à la fois pour le lecteur et pour les machines. Une mention visible, et un signal lisible par machine dans la page.
Le second : faire relire, et le dire. La relecture humaine sous responsabilité éditoriale est précisément ce que le texte reconnaît. Nos Signaux, par exemple, portent la mention « Préparé avec l'aide d'une IA, relu par la maison » et un marquage lisible par machine. Aucun n'est publié sans validation.
Hors de l'Union aussi
Le règlement s'applique aux fournisseurs qui mettent un système sur le marché de l'Union, et à ceux dont les sorties sont utilisées dans l'Union, où qu'ils soient établis3. Une entreprise israélienne qui sert des clients français ou espagnols est concernée au même titre qu'une entreprise établie en France.
Une liste courte pour cette semaine
Recenser chaque point où un client peut parler à un système : site, messagerie, téléphone, courriel.
Lire le premier message de chacun, dans chaque langue. Est-ce clair, tout de suite ?
Repérer ce que vous publiez avec l'aide d'un modèle, et qui le relit.
Désigner une personne responsable de ces mentions, et écrire ce qui a été décidé.
Rien de cela ne demande un grand projet. Cela demande que quelqu'un s'en charge, avant que la question vienne d'un client, ou d'une autorité.
ElahPubliée le 21 octobre 2026